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Pollution numérique : définition, chiffres clés 2025 et solutions au travail

Comment limiter son empreinte numérique au travail ? Il faut d'abord en identifier les sources afin d'agir efficacement.

Par l’équipe Slack23 janvier 2026Illustration par Francesco Ciccolella

Points clés :

  • En France, le numérique représente 4,4 % de l’empreinte carbone (29,5 MtCO₂e en 2022).
  • Les principaux postes d’impact sont : terminaux (50 %), data centers (46 %), réseaux (4 %).
  • Allonger la durée de vie d’un équipement est l’un des leviers les plus efficaces : moins d’achats signifie moins d’extraction et de fabrication.
  • En entreprise, la sobriété numérique passe surtout par des gestes simples : réduire les emails, mieux gérer les fichiers, optimiser les visioconférences et choisir des outils plus sobres.

La pollution numérique désigne l’ensemble des impacts environnementaux liés à la fabrication, au fonctionnement et aux usages des technologies numériques. Longtemps perçue comme immatérielle, elle pèse pourtant de façon bien réelle : en France, le numérique représente 4,4 % de l’empreinte carbone nationale, soit 29,5 MtCO₂e en 2022 

Au travail, la question n’est pas de supprimer le numérique, mais de l’utiliser mieux : prolonger la durée de vie des équipements, limiter les échanges inutiles (emails, pièces jointes, visioconférences), et privilégier des services conçus pour consommer moins de ressources. Ce guide clarifie en premier lieu ce qui pollue vraiment, puis déroule des solutions concrètes à appliquer en entreprise.

Qu’est-ce que la pollution numérique ?

La pollution numérique regroupe les impacts environnementaux générés par le numérique tout au long de son cycle de vie  – extraction des matières premières, fabrication des terminaux, fonctionnement des infrastructures (data centers, réseaux) et usages (emails, streaming, stockage, etc.).Elle entraîne :

  • Une érosion de la biodiversité en raison de l’extraction de minerais et de terres rares ;
  • Un réchauffement global avec l’émission de gaz à effet de serre ;
  • Un épuisement des ressources ; 
  • Des contaminations chimiques ;
  • Une surconsommation d’eau, d’électricité et d’énergie primaire ;
  • La production de déchets électroniques.

La pollution numérique est souvent associée à la production des équipements informatiques. Un rapprochement qui fait sens puisqu’en 2019, la fabrication des terminaux a nécessité près de 7,8 millions de mètres cubes d’eau douce (soit 0,2 % de la consommation mondiale).

La production des objets connectés a également entraîné une extraction de 22 millions de tonnes d’antimoine, un minerai non renouvelable dont l’épuisement est prévu… en 2022. Et c’est loin d’être la seule ressource surexploitée. En moyenne, il faut 800 kg de matière première pour concevoir un ordinateur portable.

Les conséquences sont encore plus impressionnantes quand on sait que le numérique à l’échelle mondiale compte plus 34 milliards d’appareils et objets connectés (sans inclure les accessoires comme les souris ou les chargeurs). C’est à peu près l’équivalent de 9 équipements par utilisateur. 

Au total, l’étape de fabrication du matériel informatique est responsable à elle seule de 37 % des émissions de gaz à effet de serre du secteur. Mais alors, d’où viennent les 63 % restants ? Des usages digitaux, des données et des ressources nécessaires pour répondre aux besoins des internautes.                                              

Au vu de ces quelques chiffres, il est essentiel que la société prenne conscience de l’impact des technologies liées à Internet, telles que le trafic du Web, mais aussi la production d’appareils afin de limiter la consommation de matières premières et de mettre en place des actions concrètes contre la pollution.

Car si Internet et le Web sont, par définition, des domaines virtuels, leurs impacts environnementaux sont quant à eux bien tangibles. Chaque octet a une répercussion dans le monde réel. Pour bien appréhender et réduire la pollution numérique, il faut donc prendre en compte toutes ses sources, même les moins évidentes.                                                                                                                                                      

Quelles sont les sources de la pollution numérique ? 

En France, l’impact carbone du numérique provient principalement des terminaux (50 %), des data centers (46 %) et des réseaux (4 %). Autrement dit : le poids majeur vient de la production et du fonctionnement des équipements et infrastructures.

Les terminaux (équipements des utilisateurs)

La fabrication des équipements a un impact majeur sur l’environnement. À ce niveau, la pollution numérique est aussi liée à leur transport, à leur packaging et surtout à leur fin de vie. Le recyclage des appareils reste une problématique majeure et on estime que le poids total des déchets électroniques augmente chaque année d’environ 2 millions de tonnes, ce qui est loin d’être négligeable ! 

Dans la plupart des cas, le meilleur geste est d’acheter moins et de faire durer plus longtemps : la fabrication concentre une grande partie des impacts (métaux, énergie, transport). Cette logique vaut autant pour les smartphones que pour les PC, écrans et objets connectés.

Avant de remplacer un appareil, vérifiez ses modalités de réparation, de reconditionnement et de prolongation d’usage : c’est souvent le levier le plus efficace.

Les data centers

Les data centers pèsent désormais 46 % de l’empreinte carbone du numérique en France (estimation réévaluée), notamment parce que les usages de cloud et de stockage continuent de croître.

À cela s’ajoute une tendance de fond : le recours à l’IA générative augmente la demande de calcul et d’infrastructures, ce qui peut accentuer la pression sur les centres de données si les usages ne sont pas maîtrisés.

Un data center de 10 000 m² demande par exemple autant d’électricité qu’une ville de 50 000 habitants. La consommation des centres représente désormais 3 % de l’énergie mondiale et ce chiffre augmente continuellement avec l’essor du cloud et la numérisation massive des modes de travail.

Les réseaux et les usages (emails, streaming, visioconférences)

Pour les emails, il n’existe pas un chiffre unique : l’empreinte varie selon l’appareil, le réseau, le nombre de destinataires et la présence (ou non) de pièces jointes. À titre d’ordre de grandeur, le simulateur Impact CO₂ (données ADEME/NégaOctet) indique environ 0,11 g CO₂e pour un e-mail sans pièce jointe avec des paramètres sobres. 

D’autres repères, basés sur des hypothèses différentes, donnent des valeurs plus élevées : par exemple 4 g CO₂e pour un mail sans pièce jointe, 11 g CO₂e avec une pièce jointe de 1 Mo, et jusqu’à 50 g CO₂e pour des e-mails lourds (plusieurs pièces jointes, images/vidéos). 

Dans tous les cas, les leviers restent les mêmes : limiter les envois inutiles, cibler les destinataires, privilégier les liens plutôt que les pièces jointes, et faire régulièrement le tri dans les boîtes de réception.

Les messages électroniques sont loin d’être la seule source de pollution numérique liée aux comportements des utilisateurs. Voici quelques chiffres surprenants sur des actions en apparence anodines mais qui ont un lourd impact sur l’environnement :  

  • La consommation mondiale de vidéos en streaming génère 300 millions de tonnes de CO₂ par an ;
  • Une heure d’appel en visioconférence a le même impact sur l’environnement que 9 km en voiture essence ;
  • La 4G consomme 3 fois plus d’énergie que le Wi-Fi ;
  • Les données numériques (e-mail, recherche, téléchargement, etc.) parcourent en moyenne 15 000 kilomètres avant de nous parvenir.

Mais les e-mails, les recherches sur Internet, les visioconférences et les outils de collaboration en ligne sont aujourd’hui incontournables, en particulier dans la sphère professionnelle. Les appareils numériques sont aussi devenus indispensables à l’exercice de nombreux métiers pour travailler et pour échanger. Alors, comment baisser votre pollution numérique sans perdre en efficacité et en productivité  ? Rassurez-vous, des solutions existent !    

Comment limiter la pollution numérique en entreprise 

En entreprise, on réduit la pollution numérique via trois leviers : allonger la durée de vie des équipements, adopter la sobriété numérique dans les usages, privilégier des services et pratiques d’écoconception.

La sobriété numérique n’est pas réservée aux grandes structures : 72 % des TPE/PME déclarent déjà mettre en œuvre au moins une action de numérique responsable, comme la réduction de la consommation énergétique, le recyclage, l’achat reconditionné ou l’éco-conception. 

 

Diminuer la pollution numérique revient à agir sur les 3 sources évoquées plus haut en :

  • Réduisant le nombre d’équipements et en rationalisant leur cycle de vie ;
  • Adoptant la sobriété numérique dans les usages digitaux ;
  • Privilégiant l’écoconception des services numériques.

Comment faire, concrètement ? Les actions les plus simples concernent la gestion des équipements et des objets connectés. En France, 55 à 113 millions de smartphones inutilisés s’entassent dans les tiroirs. À peine 10 % d’entre eux sont recyclés et ils sont encore moins nombreux à être réparés alors que la cause principale de cette mise au rebut est… un écran cassé. Les solutions pour réduire la pollution numérique à ce niveau sont de privilégier la réparation, l’achat d’occasion et le recyclage pour les appareils électroniques non réparables.

 Le cadre réglementaire

En France, la question est aussi institutionnelle : la loi REEN (15 novembre 2021) prévoit notamment que les communes de plus de 50 000 habitants définissent au plus tard le 1er janvier 2025 une stratégie numérique responsable visant à réduire l’empreinte environnementale du numérique.

 Bonus équipements 

Pour guider les achats, la France déploie aussi l’indice de durabilité, qui remplace progressivement l’indice de réparabilité (téléviseurs depuis le 8 janvier 2025, lave-linge depuis le 8 avril 2025).

Au niveau des usages numériques, les actions pour diminuer leur pollution prennent la forme de bonnes pratiques à mettre en place au quotidien comme :

  • Télécharger les vidéos au lieu de les regarder en streaming sur Internet ;
  • Éteindre la caméra lorsqu’elle n’est pas nécessaire dans les visioconférences ;
  • Envoyer uniquement les e-mails indispensables et cibler précisément les destinataires (et donc oublier le « Répondre à tous ») ;
  • Faire régulièrement le tri dans les boîtes de réception ;
  • Privilégier les liens vers un espace de stockage plutôt que les pièces jointes ;
  • Éviter le visionnage de photos en HD et désactiver la lecture en continu ;
  • Limiter le stockage de photos sur les réseaux sociaux comme Facebook, qui en compte déjà plus de 250 milliards…

La dernière action : l’écoconception de services et de solutions numériques concerne d’abord les experts de l’IT, en particulier les développeur(euse)s. Il s’agit de réduire directement la pollution numérique des sites et applications en les rendant plus efficients. En effet, les spécialistes du développement ont des moyens de produire un code plus performant afin de réduire la consommation énergétique des sites Internet.

L’objectif est de répondre aux besoins tout en limitant les ressources matérielles et réseaux nécessaires. Par exemple, en minimisant le nombre de requêtes vers un serveur, l’empreinte carbone liée au transport des données et à leur stockage dans un data center est également diminuée. 

Côté utilisateur, la bonne pratique ici est donc de recourir à des services éco conçus ou à des alternatives moins polluantes, en particulier au niveau des échanges, de la communication et de la collaboration. Chacun, à son niveau, peut agir pour le bien commun et la réduction des émissions de gaz à effet de serre.

Checklist : 5 gestes simples au bureau

  • Réduire le volume d’e-mails : sujets clairs, destinataires ciblés, éviter les Répondre à tous. 
  • Remplacer les pièces jointes par des liens vers un document partagé (et supprimer les doublons). 
  • Visioconférences : couper la caméra quand elle n’apporte rien, limiter la HD si inutile. 
  • Stockage : trier régulièrement, supprimer les fichiers obsolètes, éviter les copies multiples. 
  • Équipements : réparer/reconditionner/prolonger l’usage avant de remplacer.

 

Pourquoi la messagerie collaborative réduit-elle la pollution liée aux e-mails ?

Les plateformes de messagerie collaborative centralisent les échanges, limitent les chaînes d’e-mails et réduisent la duplication de pièces jointes envoyées à de multiples destinataires. Résultat : moins de copies, une information mieux organisée et souvent moins d’allers-retours.

Tableau à insérer

Critère Email traditionnel Messagerie collaborative (ex. Slack)
Organisation Conversations dispersées Canaux thématiques + fils
Pièces jointes Multiplication des copies Partage centralisé + liens
Répondre à tous Très fréquent Moins nécessaire (canaux)
Recherche & archivage Tri plus difficile Recherche + archivage simplifiés
Objectif sobriété Réduire le volume Rationaliser les échanges

 

Pour les entreprises qui créent ou refondent des services numériques (site, application, portail), le Référentiel général d’écoconception des services numériques (RGESN) propose des critères concrets pour réduire l’empreinte environnementale (contenus, médias, parcours, sollicitations serveur, etc.).

Slack et la pollution numérique

En tant que plateforme de communication collaborative, Slack offre une alternative aux e-mails et à la pollution numérique majeure qu’ils engendrent. Notre application de messagerie consomme moins de ressources que les courriers électroniques et permet naturellement de rationaliser les interactions. 

Par exemple, grâce à l’interface intuitive de Slack, les collaborateur(trice)s d’une entreprise peuvent créer un ou plusieurs sous-groupes privés pour communiquer en direct. Terminées, les longues chaînes d’e-mails envoyés à plusieurs destinataires ! Vous gagnez en efficacité tout en agissant pour la planète.

Toujours depuis l’interface, les utilisateur(trice)s peuvent facilement archiver, trier et supprimer les conversations dont ils n’ont plus besoin. En comparaison, une personne en France stocke, en moyenne, 10 000 à 50 000 e-mails non lus dans sa boîte de réception…

Slack vous aide également à résoudre le problème de la pollution numérique engendrée par les pièces jointes volumineuses, qui encombrent les data centers et les réseaux. Grâce à son espace de stockage intégré, vous pouvez partager des documents textes, PDF, images et même d’anciens e-mails !

Les fichiers, y compris les plus lourds, sont ensuite téléchargeables ou modifiables en ligne par plusieurs collaborateurs. Ces documents peuvent être envoyés depuis :

  • Votre ordinateur ;
  • Votre appareil mobile ;
  • Le service de stockage cloud de votre choix (Google Drive, OneDrive, SharePoint, etc.).

Vous pouvez simplement les glisser-déposer sans changer de fenêtre ou naviguer entre plusieurs onglets. Si besoin, vous avez aussi la possibilité de créer des liens pour partager les fichiers en dehors de Slack, sans avoir à les télécharger et à les renvoyer.  

Cette accessibilité est directement reliée à l’écoconception et à la pollution numérique. En organisant toutes les fonctionnalités sur une interface unique, la navigation est beaucoup plus fluide et efficace. L’intégration de plus de 2 400 applications à Slack simplifie votre quotidien : plus besoin de jongler entre sites web et logiciels tiers, ni de garder plusieurs onglets ouverts simultanément pour travailler et communiquer.

Vous et vos équipes pouvez bénéficier dès à présent d’un parcours utilisateur beaucoup plus sobre en matière de consommation d’énergie et de ressources ! 

 

FAQ

Quel est l’impact CO₂ d’un e-mail ?

Il dépend fortement des paramètres (pièces jointes, destinataires, appareil, réseau). L’ADEME propose un ordre de grandeur d’environ 0,11 g CO₂e pour un e-mail sans pièce jointe selon réglages, tandis que d’autres estimations (selon hypothèses) évoquent quelques grammes et davantage avec pièces jointes.

La pollution numérique est-elle pire que l’aviation ?

Les ordres de grandeur varient selon les sources et périmètres, mais on retient souvent 3 à 4 % des émissions mondiales pour le numérique, ce qui le place au niveau de secteurs majeurs.

Qu’est-ce que la sobriété numérique ?

C’est l’ensemble des pratiques visant à réduire l’impact du numérique : faire durer les équipements, limiter les données inutiles, choisir des outils et services plus sobres, et éviter les usages à faible valeur.

Comment les entreprises peuvent-elles agir concrètement ?

En combinant 3 leviers : prolonger l’usage des équipements, adopter des règles d’usage (emails/stockage/visioconférences) et intégrer l’écoconception (RGESN) dans les projets numériques. 

 

Passez des e-mails à une messagerie collaborative (pour réduire les échanges redondants)

 

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